« Il y a mille inventions pour faire parler les femmes » : épisode 1

Publié le par Alliance française Paris Île-de-France

Parfois, il vous arrivait d’y penser. Alors, votre bouche devenait sèche, vos mains tremblaient légèrement, et malgré l’envie de conserver la face devant les collègues, vous sentiez le vide se faire dans votre esprit – peut-être même quelques sueurs froides.

Vous vous faisiez tout petit, mais cela a fini par arriver : on vous a demandé d’assurer le cours d’oral niveau A1. Devant vous, une dizaine d’étudiants et une seule attente : parler en français. Voient-ils l’angoisse au fond de vos yeux ? Parler, oui, mais sont-ils déjà capables de se faire comprendre ? Qui plus est, avec d’autres à l’accent étranger ? Et comment apporter une correction à chacun ? « Il y a mille inventions pour faire parler les femmes, mais aucune pour les faire taire », écrivait G. Bouchet en 1634. Mille pour les femmes ! Alors pourquoi pas au moins la moitié pour nos étudiants ?

Pas de bonne ambiance, pas de parole. Bien sûr, vous avez testé l’astucieuse présentation mensongère suggérée dans « La leçon zéro » (billet du 3 mars 2011). Mais vous aimez varier les plaisirs. Je vous convie donc à la table d’un formateur en prise de parole et gestion du stress en entreprise. Votre chère classe de FLE, comparée à une entreprise – qui plus est, stressée ? Et pourtant.

Si vos étudiants sont là, c’est parce que quelqu’un – eux-mêmes ou un enseignant – a estimé qu’ils en ont besoin. Besoin, pour certains, accompagné d’une dose d’appréhension. Pour mettre en confiance les débutants, je demande de se lever au milieu du « U » des tables, là où un espace permet la circulation. Si le groupe est impair, je participe. On marche en tous sens. Au premier « Top ! » que je prononce, chacun doit trouver quelqu’un à regarder droit dans les yeux. Puis l’on reprend la marche. L’opération se répète à un rythme soutenu. Les rires fusent rapidement, car le contact visuel recherché ne répond pas toujours à l’appel.

Deuxième étape : au « Top ! », les étudiants doivent établir cette communication visuelle, mais aussi saluer poliment. On aura précisé au préalable les différentes possibilités (« Bonjour Monsieur », et l’exquise nuance entre « Madame » et « Mademoiselle »).

Troisième étape : au chiffre énoncé correspond une action à faire en chœur. Par exemple, si l’enseignant dit : « 1 ! », tout le groupe doit sauter en même temps. A « 2 ! », ils se saluent en chœur. À « 3 ! » : « Enchanté(e) ! ». « 4 ! » : il faut taper dans ses mains en même temps. Attendez-vous à de faux départs. Mais bientôt, la synchronisation est là.

Dans ces trois étapes menées très rapidement, plus que l’aspect linguistique, c’est l’échange communicationnel et la dynamique de groupe qui importent.

 Enfin, on forme un cercle. Un étudiant s’avance au milieu et annonce très fort une phrase, n’importe laquelle – par exemple : « Je suis coréenne ! » : tous les autres l’applaudissent et l’acclament. Confiance en soi à l’oral assurée. La phrase est libre, et fera tout au plus l’objet d’un ajustement de prononciation. Faites-en l’expérience : être acclamé par un cercle de personnes autour de soi procure une intense sensation de bien-être.

Vous aussi, testez ces inventions et revenez en commenter le résultat. Tout est bien sûr à essayer, adapter, modifier – en cours d’oral, brise-glace ou fin de cours pour remédier à une grosse fatigue. Un grand merci au formateur d’avoir partagé ses ficelles. Et vous, quel Géo-Trouvetou êtes-vous pour faire parler les femmes… et les hommes ?

Rendez-vous le 20 février pour l’épisode 2 !

Un grand merci  à Blaise de Lanlay d’avoir partagé ses ficelles.

Laurence Audy Samaniego, enseignante à l’Alliance Française Paris Île-de-France

 

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Le boom des class-toys

Publié le par Alliance française Paris Île-de-France

18h30. La salle des profs est presque vide.  Deux collègues terminent une curieuse discussion qui attire mon attention. Discrètement, je tends l’oreille.

« - La balle, j’ai déjà essayé… mais le bandeau j’ose pas.

- Essaie ! Tu ne vas pas regretter ! Pour rompre la monotonie et pimenter les relations, y a pas mieux !

- C’est difficile à utiliser au début, non ?

- Avec ces petits objets, on n’est pas forcément à l’aise tout de suite mais ça devient vite naturel.  Finie la routine !»

Etant moi aussi adepte, j’ai vite compris que mes deux collègues étaient en train d’échanger sur l’utilisation des « class-toys » dans leurs cours de langue. De formes, de tailles et de couleurs variées, ces objets dont la fonction première a été détournée, séduisent un nombre croissant de profs, novices ou expérimentées. Ils permettent de créer une ambiance de classe favorable aux interactions et à l’apprentissage.

Voici une liste de class-toys que mes collègues et moi aimons utiliser, accompagnée de pistes d’utilisations pédagogiques.

La balle :

Il s’agit, de loin, du class-toy le plus populaire en classe de langue, toutes catégories confondues. Les profs, comme les étudiants, l’adorent pour sa simplicité d’utilisation et son large éventail de fonctionnalités.

Ainsi, pour travailler l’enchaînement syllabique,  on propose à un groupe d’étudiants de prononcer collectivement une phrase, chacun étant « responsable » d’une syllabe. La parole progresse à la même vitesse que la balle qui passe de main en main, de plus en plus vite.

Au moment de l’achat, préférez les balles facilement préhensibles, en matière douce et de couleurs chaudes.

La sonnette :

Dans la catégorie « toy sonore », voici l’objet le plus couru. Simple d’utilisation, elle signale à l’étudiant la transgression d’un interdit … qui aura été défini collectivement au préalable. Exemple : dire un mot en langue maternelle. L’avertissement sonore peut être suivi d’un « gage » pour l’étudiant « fautif » comme, par exemple, l’explication d’un point grammatical devant la classe.

Le bandeau :

Les yeux bandés, un étudiant se déplace dans la classe en suivant des instructions, données à l’oral par les autres élèves. Voici une façon ludique de travailler l’impératif et les prépositions de lieux mais aussi de renforcer les relations de confiance au sein du groupe.

La télécommande:

Marre de répéter constamment à vos étudiants de parler plus fort ? Conservez toujours une télécommande dans votre cartable et pointez-la en direction d’un étudiant pour monter le volume de sa voix ou, au contraire, coupez le son d’un étudiant trop bavard. Eclats de rire assurés grâce à ce class-toy, meilleure vente dans la catégorie « nouvelles technologies ».

La poubelle :

Malgré son manque de glamour, la poubelle trouve aussi son utilité comme objet d’apprentissage.

Placés en cercle autour d’une poubelle et munis d’une boulette de papier, les étudiants répètent une phrase en insistant sur l’accent tonique en fin de groupes de mots. Ils accompagnent le geste à la parole en lançant la boulette dans la poubelle.

Merci aux collègues de l’Alliance française Paris Ile-de-France d’avoir partagé vos pratiques des class-toys.

Et vous, faites-vous entrer d’autres objets dans votre classe de langue? Lesquels et à quelles fins pédagogiques ? Nous attendons vos idées avec envie et impatience…

Lucas Malcor, enseignant à l’Alliance française Paris Île-de-France

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Carrières dans le FLE (2): mes pilules magiques

Publié le par Alliance française Paris Île-de-France

Mes pilules magiques…elles sont faites d’écoute et de rencontre.

En effet, « la condition sine qua non » pour doper sa carrière est de se positionner dans une dynamique d’échange.

Cela peut être une discussion au détour d’une salle des professeurs (encore faut-il être disponible ?), des lectures (le Français dans le Monde ouvre des larges horizons dans le domaine du FLE), accepter le  travail en équipe  et ouvrir sa classe…

Doper sa carrière, c’est avant tout adopter une posture.

Néanmoins, un professeur doit aujourd’hui aussi développer des domaines de compétence spécifique. Il s’agit ainsi de sécuriser son accès à l’employabilité.

Votre formation en  FLE doit faire écho à d’autres expertises…l’interculturel, le numérique, le droit, l’œnologie, la capacité à gérer des projets…

Tout cela vous permettra de doper votre carrière d’enseignant !

Fabrice Placet, responsable pédagogique de l’Alliance française Paris Île-de-France

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Carrières dans le FLE : « oui au dopage »!

Publié le par Alliance française Paris Île-de-France

Dans une bibliothèque, la couverture d’un livre sur laquelle figurait une boite cylindrique remplie d’étranges comprimés orange a attiré mon attention. Sans aucun doute s’agissait-il de ces pilules miracles qui font virevolter les coureurs du Tour sur les pentes des Alpes. Titre de l’ouvrage : « Doper sa carrière d’enseignant ». Je survole la préface afin de découvrir la nature exacte de ces pilules: accompagner les professeurs de l’Education Nationale en dressant un « panorama des possibilités d’activités d’évolution et de reconversion ». Intéressant voire rassurant quand je découvre, sur la même étagère, d’autres titres rivalisant, eux,  de pessimisme : « Enseignant : le métier impossible» ; « Profs : comment ne pas craquer » ; « Le malaise de l’éducation »… Je ressors de la bibliothèque conscient de la chance que nous, profs de FLE, avons de travailler aux côtés de publics captifs et motivés.

Même si le monde du FLE souffre de précarité, certains propos publiés sur les forums de discussion de profs de FLE me paraissent trop alarmistes. Après avoir partagé avec des collègues nos expériences dans différentes institutions en France et à l’étranger, je constate que les opportunités d’évolution et de mobilité qu’offre le FLE restent nombreuses. Mais la « concurrence » est forte, alors oui : avaler quelques « pilules dopantes » peut aider à construire une carrière épanouissante.

Voici une liste non exhaustive des pilules disponibles sur le marché :

1) La pilule « Formation continue » :

A consommer tout au long de l’année, elle convient particulièrement aux profs de FLE souhaitant développer leurs compétences professionnelles et s’orienter vers des postes d’encadrement pédagogique ou de direction d’établissement culturel en France ou à l’étranger. Ainsi, l’Alliance française de Paris ou la CCIP proposent des formations courtes et pratiques. Certaines villes offrent aussi une vaste gamme d’enseignements (comptabilité, gestion associative, bureautique…) à des tarifs très avantageux (ex : les « Cours Municipaux pour Adultes » de la Mairie de Paris).

2) La pilule « Spécialisation »

A consommer également toute l’année, elle permet à un enseignant de se spécialiser dans un domaine didactique particulier. Le choix du domaine de spécialisation doit s’appuyer avant tout sur ses intérêts personnels (ex : Tice, évaluation, théâtre et classe de FLE…) mais aussi tenir compte des besoins de l’institution pour laquelle il travaille ou souhaite travailler. La prise de cette pilule peut conduire à devenir formateur de formateurs.

3) La pilule « Mobilité vers l’étranger »

A consommer de préférence quand la situation familiale le permet encore. Elle donne l’occasion d’acquérir une riche expérience professionnelle, d’enrichir sa pratique aux côtés de professeurs expérimentés et de se voir confier des responsabilités variées, souvent plus rapidement qu’en France.

Effets secondaires : Les risques de dépendance sont forts. Cette pilule peut vous éloigner de l’Hexagone plus longtemps que prévu.

Et vous, comment avez-vous dopé ou comptez-vous doper votre carrière d’enseignant ?  Parlez-nous de vos pilules magiques.

Lucas Malcor, enseignant à l’Alliance française Paris Île-de-France

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L’hétérogénéité en classe de FLE: pistes de réfléxion et d’action

Publié le par Alliance française Paris Île-de-France

La diversité des publics, des individus, les aléas des motivations et des histoires individuelles, les différentes habitudes d’apprentissage sont autant de réalité du quotidien de l’enseignant. Ainsi lors de journées pédagogiques, nous avons réfléchi à l’Alliance Française de Paris sur l’hétérogénéité en classe de FLE. Dans son intervention sur ce sujet, Emmanuelle Huver distingue trois types d’hétérogénéité. Je m’efforcerai d’envisager ici différentes techniques pour gérer cette réalité et la convertir en un atout pour la classe.

Par « l’hétérogénéité cognitive », la chercheuse envisage les différentes façons d’apprendre correspondant tout autant aux « différents profils d’apprentissages » qu’aux « représentations mentales » c’est-à-dire aux relations qu’entretient chaque apprenant avec la langue cible et qui influeront sur sa motivation. Pour ce qui est du premier aspect, n’oublions pas que l’enseignant aura tendance à expliquer suivant ses propres réflexes. Il faudra alors s’efforcer de varier le plus possible une explication en sollicitant différents canaux de perception, de s’appuyer sur les explications des étudiants qui permettent de sortir de ses propres schémas, en reprenant un geste, en faisant chercher l’opposé du terme, écrire le mot en le répétant, en l’associant à une image. Pour travailler le second aspect évoqué par la chercheuse, c’est-à-dire les représentations de la langue-cible par les apprenants, on pourra expliciter et mettre en commun les motivations pour rendre l’apprentissage plus signifiant.

« L’hétérogénéité sociale » ou culturelle comprend les différences de « culture d’apprentissage, de modèle éducatif » : au cours de leur carrière d’apprenant, les élèves acquièrent des habitudes d’apprentissage qui varient suivant le cursus de chacun. J’ai pu ainsi remarquer que  se déplacer dans la classe, poser des questions, dire qu’on ne comprend pas, étaient des attitudes qui ne vont pas toujours de soi suivant les cultures éducatives. C’est d’ailleurs souvent entre la culture d’apprentissage/enseignement de l’enseignant et celle de son public que l’écart est le plus grand. Il faut donc avant tout rester à l’écoute des pratiques des apprenants pour pouvoir les faire évoluer. Apprendre à apprendre s’apprend, mais de façon très progressive et grâce à une négociation au quotidien pour une évolution des habitudes d’apprentissage parfois très traditionnelles.

Quand Emmanuelle Huver parle d’« hétérogénéité linguistique », elle se réfère à la variété de nationalités pour les groupes multinationaux mais aussi au capital linguistique des apprenants : parlent-ils d’autres langues ? Parle-t-on d’autres langues dans leur entourage ? Leur langue maternelle est-elle proche ou éloignée de la langue cible ? Avec le plurilinguisme et tout en privilégiant la langue cible comme langue de communication en classe, je serais pour indiquer les ponts que l’apprenant peut établir avec telle ou telle langue connue. Reconnaître la multiplicité des langues et des cultures de la classe, ouvrir à la différence, sont autant d’atouts et d’attitudes qui favoriseront  la découverte de la langue cible.

On peut enfin remédier à la disparité des niveaux linguistiques, en faisant souvent varier la géographie de classe, en formant des binômes fort/faible où l’un pourra reformuler à l’autre, lui expliquer, le soutenir, ce qui l’encouragera à pratiquer la langue cible. La mise en place de projet permet aussi à chacun de trouver sa place suivant ses compétences.

Si l’hétérogénéité est omniprésente côté apprenants, le versant enseignant n’est pas en reste. On rencontre bien souvent le FLE au hasard d’une expérience de vie, d’une rencontre,  d’un voyage… vous qui nous lisez qui êtes-vous ? Quel est votre parcours ? Où enseignez-vous ?  Pourquoi comment fait-on carrière dans le FLE ? Voici un nouvel axe que nous nous attacherons à développer dans les prochains billets de ce blog.

Caroline Biro, enseignante à l’Alliance Française Paris Île-de-France

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Un tableau de bord pour mieux apprendre?

Publié le par Alliance française Paris Île-de-France

De manière générale, on observe que peu d’étudiants adoptent une attitude proactive quand ils apprennent une langue étrangère. Pourtant, il existe dans les méthodes de  FLE une variété d’activités d’auto-évaluation et de planification de l’apprentissage, que ce soit sous la forme d’un court questionnaire-bilan en fin d’unité ou d’un portfolio accompagnant le livre de l’élève. Les apprenants rencontrent souvent des difficultés à se les approprier d’une part, du fait de la nouveauté de l’exercice et d’autre part, à cause de l’apparente complexité des formulations. De plus, les contraintes liées au découpage des cours font que nous, professeurs, prenons souvent le risque d’omettre ces activités alors qu’il conviendrait d’y consacrer du temps, vu la place centrale occupée par l’auto-évaluation et la planification dans la structuration de l’apprentissage.

Comment contourner ces obstacles ?

Une solution pourrait être de créer ses propres outils, adaptés aux spécificités de ses classes et au temps qu’on souhaite consacrer à la réflexion sur l’apprentissage.

Dans une de mes classes de niveau B1, j’utilise depuis peu un tableau de bord hebdomadaire conçu en m’inspirant de ce qui est proposé dans le Portfolio européen des langues du Conseil de l’Europe. Pour découvrir ce tableau de bord, cliquez ici. Vous noterez qu’il se divise en 3 parties :

-Mon bilan de la semaine : l’étudiant y reporte les contenus travaillés au cours de la semaine.

-Mon programme de travail « perso » : l’étudiant imagine des activités pour réutiliser ce qu’il vient d’apprendre en classe.

-Mes projets en cours: l’étudiant y précise ce qu’il fait, « pour le plaisir », afin d’augmenter son exposition à la langue française (lecture de romans, visionnage de films…).

N’hésitez pas à poster vos commentaires pour dire si ce type de tableau vous paraît adaptable au contexte de vos classes.

Les premiers retours que j’ai reçus de mes étudiants semblent encourageants. Certains trouvent dans ces tableaux de bord une aide pour la structuration de leur apprentissage, d’autres y puisent une source de motivation supplémentaire. En proposant à mes étudiants de se servir de cet outil, j’espère avant tout les inciter à se fixer des objectifs précis et personnels et à verbaliser les difficultés rencontrées lors de leur apprentissage.

Cliquez ici pour voir l’exemple d’un tableau de bord tel qu’il pourrait être rempli par un étudiant.

Et vous, proposez-vous des activités d’auto-évaluation à vos étudiants ? Si oui, vous appuyez-vous sur celles proposées dans la méthode ou avez-vous conçu vos propres outils ? Comment les incitez-vous à s’impliquer plus directement dans la planification de leur apprentissage ?

Lucas Malcor, enseignant à l’Alliance Française Paris Île-de-France

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Des astuces pour mieux apprendre ?

Publié le par Alliance française Paris Île-de-France

De mes cours d’allemand du collège, il me reste malheureusement peu de choses…  Je serais aujourd’hui bien incapable de converser dans la langue de Goethe. Je garde néanmoins en mémoire quelques souvenirs : un professeur passionnant ou encore un éphémère moment de gloire procuré par une victoire au concours départemental de poésie allemande. Je me souviens aussi du répertoire alphabétique que tous les collégiens germanophones de la classe de Monsieur D. devaient acheter à la rentrée. On y consignait les nouveaux mots en y précisant méthodiquement leur nature et leur genre éventuel. Je me rappelle très bien de la satisfaction que je tirais à voir les pages s’y remplir progressivement si bien qu’il m’arrive souvent aujourd’hui de conseiller à mes étudiants à l’Alliance d’ « investir » dans le petit répertoire de Monsieur D.

Je reviendrai plus tard sur cette anecdote mais intéressons-nous à l’apprentissage du français.

Dans les centres de langues en France comme à l’étranger, on observe une croissance du nombre de personnes apprenant le français qui va de pair, paradoxalement, avec une diminution de la durée des cours : les étudiants optent pour des cours de moins en moins longs.

Cette évolution s’avère souvent déstabilisante pour nous, professeurs, notamment quand nous avons l’habitude d’accompagner une classe pendant un semestre voire une année complète et de tirer notre satisfaction de l’observation des progrès effectués. Vous vous êtes peut-être interrogé(e) : « Que vont-ils garder de mon cours ? » en étant un brin fataliste « Je ne peux pas faire de miracle,  les étudiants doivent être conscients qu’apprendre une langue demande temps et persévérance.».

Voici deux questions qu’il me semble nécessaire de se poser à la fin d’un cours, quelle qu’ait été sa durée :

-Mes étudiants ont-ils atteint les objectifs de ce cours (communicatifs, socioculturels, linguistiques…) ?

-Ont-ils enrichi leur panel de techniques d’apprentissage grâce à leurs pairs et à moi?

La deuxième question étant, selon moi, tout aussi importante que la première, j’essaie de consacrer de plus en plus de temps aux activités visant à « apprendre à apprendre ». Il convient pour cela de comprendre comment  l’étudiant souhaite intégrer le temps passé à vos côtés dans son parcours personnel qui alterne sans doute périodes d’auto-apprentissage, d’immersion complète ou même d’éloignement plus ou moins prolongé avec le français.

Revenons-en à l’anecdote du répertoire alphabétique. Une de mes collègues de l’Alliance française de Paris m’a récemment parlé d’une technique qu’elle utilise pour la mémorisation lexicale : elle demande à chaque étudiant d’acheter un dictionnaire bilingue de poche (disponible pour quelques euros dans « n’importe quelle bonne librairie ») puis, à chaque fois qu’ils y cherchent un mot, de le souligner en couleur directement sur l’ouvrage. Ainsi mis en valeur, le nouveau mot leur « sautera aux yeux » à chaque consultation, facilitant ainsi l’assimilation. En changeant la couleur, l’étudiant pourra aussi constater l’élargissement progressif de son lexique et se retrouvera surpris de découvrir qu’un mot parfaitement maîtrisé aujourd’hui lui était inconnu il y a peu.

Et vous ? Réservez-vous des moments de cours aux techniques pour mieux apprendre ? Possédez-vous vos propres astuces d’apprentissage que vous aimez transmettre à vos étudiants ?

Lisez la « riposte » dans 15 jours pour y découvrir d’autres petites techniques que nous utilisons. D’ici là, n’hésitez pas à partager les vôtres avec vos collègues du monde entier en répondant à ce message.

Lucas Malcor, enseignant à l’Alliance Française Paris Île-de-France

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La communication non verbale

Publié le par Alliance française Paris Île-de-France

Dans notre précédent billet, nous nous sommes penchés sur la diversité culturelle du groupe et sur la prise en compte de la compétence interculturelle. Ceci d’une part pour favoriser l’écoute et la compréhension entre les apprenants et d’autre part pour leur permettre d’accéder à la culture française et francophone tout en tenant compte de la multiplicité des représentations.

Pour faire prendre conscience de la différence qu’il existe entre les cultures vous pouvez également travailler sur la communication non verbale et plus particulièrement sur la gestuelle. En effet, selon les pays les gestes expriment des émotions ou des indications différentes.

Ne serait-ce que pour compter ou pour saluer, chaque pays et chaque groupe culturel peut utiliser différents moyens. Observez cette vidéo d’une petite scène en langue espagnole pour vous rendre compte du langage non verbal. Les gestes sont-ils les mêmes qu’en France ?

Avec un groupe de niveau intermédiaire, demandez-leur s’il y a des gestes qu’ils ont mal interprétés en France ou bien, si vous enseignez le français à l’étranger, demandez-leur quels sont les gestes identiques ou différents de ceux des Français.

Selon les objectifs de votre séquence, vous pouvez réaliser une activité ludique qui permet de réutiliser les gestes dans la vie quotidienne. Un site de nos confrères américains propose plus de 40 gestes que vous pouvez utiliser pour cette activité.

Après avoir procédé à la découverte des expressions et des photos correspondantes, proposez aux apprenants d’interagir lors d’une tâche à effectuer en groupe tout en ayant comme contrainte d’intégrer, pendant le dialogue, un geste tiré au sort. L’interlocuteur doit reprendre l’expression à l’oral et répondre de façon appropriée.

Un exemple: votre objectif de cours est de « se mettre d’accord pour choisir une sortie ». Pendant l’interaction qui a pour objectif de déterminer la sortie, les horaires de rendez-vous, les commentaires sur les activités proposées, les apprenants devront glisser « Silence ! » ou bien « qu’est-ce que tu me chantes là ! » ou encore « c’est pas donné » seulement en effectuant un geste.  L’autre personne répondra en énonçant l’expression correspondante. Pendant ce temps un groupe est chargé de remplir une grille pour savoir si les gestes ont été traduits de la bonne façon.

Cette activité permettra aux apprenants d’assimiler la gestuelle française de façon ludique et de se concentrer sur le langage du corps plutôt que sur le langage verbal. Ainsi, pour les apprenants qui ont plus de difficultés à prendre la parole en cours, cette activité facilitera la communication et l’interaction tout en développant le sens de l’écoute dans le groupe.

Avez-vous d’autres idées qui pourraient faciliter la prise en compte de la compétence interculturelle dans le groupe ? N’hésitez pas à nous faire part de vos commentaires !

À très bientôt,

Laure Girault, enseignante à l’Alliance française Paris Île-de-France

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D’une culture à l’autre

Publié le par Alliance française Paris Île-de-France

Tout enseignant de langue est amené à s’interroger sur la façon de transmettre la culture française et plus encore sur la diversité culturelle qui règne au sein de sa classe. En puisant dans l’expérience personnelle, on se rend compte que la compréhension d’une autre culture nécessite d’aller au-delà de l’imaginaire pour accéder aux savoirs socioculturels.

Avant mon tout premier voyage, en Syrie et au Liban, j’avais en tête Les Mille et Une Nuits, le Prophète de Khalil Gibran, et les saveurs orientales. Dès mon arrivée, j’achetai le narguilé, le thé et le savon d’Alep dans les souks…Ensuite, j’ai rencontré des étudiants syriens francophones qui m’ont appris les codes, les gestes et les règles de savoir-vivre. Ils m’ont fait part de leurs centres d’intérêts et m’ont raconté l’histoire de leur pays. De la même façon, lorsque j’enseignais le français au Mexique j’ai constaté que les stéréotypes et les clichés sur la France étaient très présents et que la transmission des savoirs socioculturels passait d’abord par la prise de conscience de l’altérité.

Afin de développer la compétence interculturelle dans un contexte endolingue, je mets en place des activités qui permettent aux apprenants de prendre de la distance par rapport à leur propre langue.

Dès les premiers niveaux, je les invite à écrire un mot au tableau dans leur langue maternelle. On a l’embarras du choix : « Bonjour ! », « Bon appétit ! », « Merci ! » (existe-t-il l’équivalent de « de rien » dans toutes les langues ?). Cette activité est à la fois l’occasion pour l’apprenant de partager un peu de sa culture avec le groupe, de prendre conscience de sa différence et de faire du français la langue de communication dans le groupe.

Avec les étudiants de niveau B1 : en partant de l’objectif « organiser une fête entre amis » je leur propose de présenter en classe le déroulement d’une fête dans leur pays, ainsi que leurs coutumes alimentaires et la musique qu’ils écoutent. Lorsque nous disposons d’un tableau numérique nous avons alors la possibilité de créer un blog collectif afin de publier les recettes, de découvrir chansons et musiques et d’exposer des photos de plats typiques de leur pays.

Si vous souhaitez réaliser cette activité, vous pouvez organiser une fête spécifiquement française ou bien une dégustation de spécialités régionales si vous êtes en contexte exolingue. Ces moments d’échanges interculturels susciteront des discussions sur les stéréotypes et sur les représentations que chacun a de la culture de l’autre que ce soit entre  pays ou entre régions.

Je vous invite à nous dire comment vous intégrez la compétence interculturelle dans vos classes. Quelles sont les activités qui selon vous, fonctionnent le mieux pour que les apprenants prennent conscience de la diversité culturelle du groupe-classe ?

A très bientôt sur les blogs !

Laure Girault, enseignante à l’Alliance Française Paris Île-de-France

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Riposte

Publié le par Alliance française Paris Île-de-France

Avez-vous profité des quinze jours qui viennent de s’écouler pour essayer la technique de révision guidée dont nous vous avions parlé dans notre dernier billet ? Nous l’espérons et profitons de cette riposte pour vous remercier d’avoir pris le temps de nous lire et pour vous encourager à nous faire part de vos idées et commentaires.
J’aimerais aujourd’hui vous proposer une passerelle entre ce blog et celui du « Multimédia » dont je vous recommande la lecture. Pourquoi, en effet, ne pas proposer à vos étudiants des activités de production en ligne ? Lire la suite

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