N°380 : Mars – Avril 2012
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L’Association des professeurs de lettres (APL) fête son centenaire
Sous la présidence de Romain Vignest, l’Association des Professeurs de Lettres a fêté son centenaire au Lycée Henri-IV à Paris le 20 mars dernier.
Combat pour l’enseignement des langues anciennes et lien de cet enseignement avec celui du français, choix résolu de la démocratisation après la Libération forment les constantes de l’histoire de la Société des professeurs de français et de langues anciennes, dite « Franco-Ancienne », de sa fondation jusqu’à sa transformation en l’Association des Professeurs de Lettres, en 1978.
Une histoire que Clémence Cardon-Quint, chargé d’études et de recherches au département d’histoire de l’éducation de l’ex-INRP, s’est attachée à restituer et dont la table ronde qui a suivi, réunissant autour du vice-président Michel Serceau, trois anciens présidents (Jean Cancès (1980-1984), Jean-Dominique Beaudin (1984-1986), Henri Guinard (1986-2006) a mis en lumière la continuité d’un combat pour un enseignement exigeant, offrant à tous les jeunes Français, quels que soient leur origine et leur milieu, l’accès à la maîtrise de leur langue, à la connaissance de leur patrimoine littéraire et à celui des grandes œuvres de l’Antiquité, à la formation de leur intelligence et de leur sensibilité comme personnes et comme citoyens. Des témoignages riches en émotion qui ont illustré aussi quel sacerdoce peut représenter cet engagement à la tête de l’APL.
L’histoire de la Revue de l’APL a fait l’objet d’une seconde table ronde qui a réuni Sylvie Gropper, ancienne responsable du Bulletin, Evelyn Girard, secrétaire générale et vice-présidente, et Jean-Noël Laurenti, rédacteur en chef. Revue dont la qualité est unanimement reconnue, elle expose la vie de l’association, propose des articles scientifiques, des propositions pédagogiques, une tribune libre, une « page européenne », de nombreux comptes rendus de lecture et, depuis peu, une rubrique DVD, diffuse bien sûr les analyses de l’APL, participe à la formation continue des professeurs et au rayonnement intellectuel de l’association en France et à l’étranger. Moyen de liaison entre les adhérents, elle est aussi une aventure humaine, que les anecdotes rapportées par les participants ont rendue sensible et touchante.
Il revenait à Romain Vignest, de conclure cette célébration. Reprenant le leitmotiv de cette journée, la démocratisation du savoir, il a mis l’accent sur la fidélité de l’APL aux valeurs de l’humanisme : « notre conception de l’enseignement, devait-il déclarer, procède et de la transmission et de l’émancipation, elle repose sur notre confiance dans les capacités de l’homme donc des élèves, à qui ce patrimoine, leur patrimoine, est dû ; elle entretient un lien étroit entre l’enseignement de la littérature française et celui des lettres grecques et latines, qui n’ont jamais cessé de l’irriguer. L’enseignement méthodique et systématique de la langue, a-t-il poursuivi, doit reposer sur la fréquentation précoce et assidue des textes littéraires, qui en constituent la forme la plus accomplie et la plus libre, pour former l’intelligence et la sensibilité de la personne et du citoyen et fonder sur un patrimoine universel une nation, non ethnique, mais politique. » Enfin, il a souligné « l’engagement international de l’APL, son attachement au rayonnement et à l’enrichissement d’une langue qui ne nous appartient plus en propre et dont l’avenir est largement africain, rappelant que la manière dont notre langue est perçue et enseignée à l’étranger importe éminemment à son enseignement en France. »
Le cocktail qui a couronné cette journée a montré, s’il en était encore besoin, que la vaillante centenaire ne se laissait pas abattre.










